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Le mot “blockbuster” signifie littéralement en Anglais “qui fait exploser le quartier”. Ce mot définissait à l'origine une pièce remportant un important succès. Ce terme s'applique désormais aux productions cinématographiques, c'est-à-dire aux films à grand budget, ayant pour but d'attirer un maximum de spectateurs potentiels. On les associe alors souvent à l'expression “super-production” en raison de leur casting, de leurs effets spéciaux ainsi que de la campagne de publicité accompagnant leur sortie. Tout cela capte l'attention des médias et par extension, celle du public.
Les blockbusters sont pour la plupart produits à Hollywood et exportent ainsi dans le monde le modèle américain. Ces films mettent souvent en scène un seul ou une poignée de personnages face à un ennemi surpuissant. Pour en arriver à bout, le ou les héros effectuent souvent un certain nombre de cascades et le dénouement se déroule la plupart du temps dans l'action, et indéniablement dans la violence. Celle-ci n'est pas forcément apparente au premier regard. Elle peut l'être par l'intermédiaire des combats, des explosions, du langage, etc… mais elle se dissimule aussi sous d'autres formes ainsi que dans la morale de l'histoire.
Le degré de violence explicite dans les blockbusters américains définit à quel public le film est censé s'adresser : tout public, accord parental souhaitable ou indispensable, etc… Elle prend d'ailleurs une part de plus en plus importante dans le programme cinématographique du spectateur lambda. On peut prendre l'exemple du dernier opus de la saga James Bond : Quantum of Solace. Ce film est bien plus violent que tous ses prédécesseurs. Il alterne combats, courses poursuites et autres scènes brutales. Dans un terme général, la violence se manifeste principalement par deux éléments : les combats, et le langage.
Les combats sont la forme la plus explicite de la violence dans le cinéma. Elle peut être plus ou moins marquée en fonction du film et/ou de la scène, allant d'un simple match de boxe sur un ring, à un massacre presque insoutenable comme dans un certain nombre de films d'horreur. Nous avions précédemment cité la saga Saw. Mais sans aller jusqu'à ce genre d'extrême, nous pouvons voir, dans les films dits “cultes” du cinéma américain, des combats omniprésents. Par exemple, la saga Die Hard, met en scène John McLane (incarné par Bruce Willis). Celui-ci doit, à chaque opus, mettre hors d'état de nuire un terrible réseau terroriste. Et il y parvient par l'intermédiaire de cascades impressionnantes, de fusillades et autres combats acharnés.
John McLane (Bruce Willis)
L'utilisation d'armes à outrance vient à banaliser leur détention. Un certains nombre de fans en achètent des répliques. En voyant l'objet, ils se rappellent les scènes du film, les personnages, etc… Mais inconsciemment, ils acceptent le fait de détenir une arme à feu chez soi, conformément à la culture américaine. Le revolver n'est plus un objet de mort mais devient, au contraire, le sauveur de la nation, défenseur des opprimés, le prolongement naturel du bras de la Justice. Cela peut alors avoir plusieurs impacts négatifs sur la société. La détention d'armes à feu augmente les risques d'utilisation.
Les combats à mains nues ne sont pas rares non plus dans ce cinéma. Ils peuvent également heurter la sensibilité du public, notamment des plus jeunes. Ainsi, on voit dans les cours d'école des bagarres débuter par jeu. Les enfants incarnent leurs héros, comme Néo dans Matrix. Et les imitant, ils résolvent leurs problèmes par la violence.
Combat entre Neo (Keanu Reeves) et l'agent Smith (Hugo Weaving)
Il existe une autre forme de brutalité : le langage grossier, voire vulgaire. Les héros (ou anti-héros) usent souvent d'un vocabulaire brutal dans les blockbusters. Cela donne un air viril et impressionnant au personnage. Ainsi, après avoir passé plus d'une heure et demie à entendre des insanités, le cerveau humain les enregistre. Et lorsque l'individu entre, par exemple, dans une colère noire, il emploiera à son tour ce langage.
La violence n'est pas seulement visuelle, elle réside aussi dans la morale. Nous venons de le voir, les héros dans les blockbusters américains résolvent leurs problèmes par la violence, la plupart du temps. Un tout à chacun considère le meurtre et autres formes de brutalité comme immorales et à bannir. Pourtant, le spectateur se réjouit de voir John McLane tuer un terroriste de sang froid. Le spectateur, même s'il s'oppose farouchement à la peine de mort, approuve le geste du dit “héros”.
Michael Haneke est le réalisateur de “Funny Games”, un film bouleversant, souvent comparé à “Orange Mécanique” de Stanley Kubrick. Il a apparemment la même opinion sur ce sujet. Il a déclaré dans une interview : “Les films sur la vengeance et l'auto-défense rendent aussi la violence acceptable. Regardez “Un Justicier Dans La Ville” : au début, la femme de Charles Bronson est violée et assassinée, ce qui autorise ensuite son mari a tuer tout le monde pendant 2 heures avec la bénédiction du spectateur. C'est “fascistoïde”.