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La violence des films de Tarantino comparée à celle des autres films américains

4 - Conclusion

Le cinéma de Tarantino est indéniablement violent. Et ce, dans de nombreux domaines : le langage, l'abondance d'hémoglobine, etc… Mais chacun de ces éléments n'est jamais délivré à l'état brut. Il est toujours accompagné d'autre chose. Le sang par exemple est exagéré, aussi bien, par sa texture que sa quantité. Si Black Mamba découpait bras, jambes et têtes dans Kill Bill avec du sang aussi vrai que nature, la scène serait insoutenable pour un certain nombre de spectateurs. Mais avec ce “vrai faux sang” le spectateur s'adonne plus à sourire qu'à se cacher les yeux. Il est plongé dans la fiction, mais avec tout de même un certain recul. Il en va de même pour les autres formes de violence dans les films de Quentin Tarantino. Celles-ci font par exemple place à de l'ironie ou de la suggestion par exemple. Dans Pulp Fiction, on ne voit pas Marsellus Wallace se faire molester sur un plan fixe. Tout cela se passe derrière la porte, du point de vue de Butch Coolidge. Ainsi, le spectateur s'imagine lui-même la scène dans sa tête, tout comme le personnage principal. Cela rend l'ambiance à la fois plus effrayante, mais aussi plus supportable.

En ce qui concerne les blockbusters américains, la violence est moins flagrante puisqu'elle est naturelle. On plonge petit à petit dans un univers de combats et d'explosions. Le contexte fait qu'inconsciemment le spectateur adhère à des principes qu'il bannit d'ordinaire. Il accepte tout à fait que Eagle (Will Smith) détruise des aliens pendant près de deux heures dans Independance Day. Les explosions, cascades et toutes les autres scènes de ce genre impressionnent fortement le spectateur, et en attirent donc de nombreux autres. De plus, cette violence à l'état pur peut être imprégnée voire imitée, volontairement ou non, par les spectateurs, notamment les plus jeunes. Cela peut alors être relativement dangereux, ou du moins néfaste.

Il est alors clair que la violence au cinéma n'est pas forcément à proscrire. Elle peut être exploitée de beaucoup de manières différentes. On peut la délivrer à l'état brut, comme dans les blockbusters américains, où elle se fond dans la trame de l'histoire, ou alors en faire comme une satire, etc… Le plus important, donc, est la manière dont on la met en scène, et dont on en fait l'usage.

Donny Donowitz (Eli Roth) et Aldo Raine (Brad Pitt) Donny Donowitz (Eli Roth) et Aldo Raine (Brad Pitt)

Dossier réalisé par Corentin SERGEANT