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Tarantino's touch

4 – Pop culture

Si Tarantino adore le cinéma populaire, il en va de même avec tout ce qui touche à la pop culture. Bien entendu l'autre large part référentielle dans son cinéma est la musique, pour laquelle il se refuse à toute bande originale et préfère là aussi piocher dans ses collections et ses souvenirs pour ne pas contredire l'aspect « geek » de son cinéma. Standards radio ou bandes originales de films, Tarantino brasse tout cela pour les concentrer dans ses films. Jubilatoires, bien souvent punchy et rythmées, les musiques de ses films sont assez bien choisies pour trotter dans la tête et donner aux films l'aspect ludique de son cinéma. Parfois sans vocation narrative (voir le concours de twist de Pulp Fiction) si ce n'est ajouter à l'atmosphère nostalgique du film, d'autre fois clipesque (l'arrivée de Kiddo à Tokyo sur le générique de Frelon vert ou encore la préparation du plan de Shoshana sur la bande originale de La féline de Paul Schrader) ces passages musicaux démontrent l'entrain du réalisateur et augmentent le plaisir du spectateur. On peut dire qu'en plus d'être un outil de mise en scène redoutable et de créer un univers sonore nostalgique, la musique chez Tarantino lui permet de donner une tonalité à ses films qui soit le reflet de sa culture.

Concours de Twist, Pulp Ficiton
Concours de Twist, Pulp Ficiton

La pop culture est omniprésente dans l'œuvre du cinéaste : cinéma, séries télé, musique, bandes dessinées, fast food,… tout est prétexte à une référence ou un bon dialogue de la part du réalisateur. Toutes ses références, le réalisateur les transmets soit visuellement (posters, télévision qui tourne dans un coin) où au travers des dialogues, faisant ainsi de ses personnages l'une des voix de Tarantino.

Là où le réalisateur pousse le vice plus loin, c'est lorsqu'il tente a son tour de créer son univers culturel et parsème ses films d'autocitations. Qu'il s'agisse de marques (Red Apple, Big Kahuna Burger), de la récurrence d'acteurs, de musiques (Twisted Nerv que l'on retrouve dans Kill Bill vol.1 et Boulevard de la mort) ou même de plans qui font sa légende (le plan du coffre ou la caméra tournant autours d'une table où parlent les personnages). Le cinéaste tente de créer un univers persistant avec ses codes récurrents. Cela passe entre autre par les costumes des gangsters similaires dans Reservoir Dogs et Pulp Fiction, des prénoms qui reviennent souvent, des motifs récurrents (les pieds !!! ou bien certains model de voiture comme la Chevy Nova) ou encore certains personnages faisant des liens entre les films (Earl McGraw présent dans trois films ou bien Vic Vega dans Reservoir Dogs, frère de Vincent Vega de Pulp Fiction).

Plan du coffre, Reservoir Dogs
Plan du coffre, Reservoir Dogs

Toutes ces autocitations sont pour la plupart gratuites et ne sont là que pour refléter l'aspect fétichiste du réalisateur. A ce titre, Boulevard de la mort est de tous ses films, le plus nombriliste. Un véritable film de potes, fait pour s'éclater: (presque ?) un film à sa gloire. Il fait revenir Earl Mcgraw (perçu dans Une nuit en enfer et Kill Bill), le casting est composé de sa petite bande d'amis (Zoe Bell, la doublure d'Uma Thurman sur Kill Bill ou encore Eli Roth dont Tarantino a produit le diptyque Hostel), on retrouve la marque Pussy Wagon déjà entrevu dans Kill Bill, etc… Tarantino s'en donne à cœur joie. Il joue avec ses propres codes plus qu'avec ceux du genre qu'il tente de réhabiliter (le slasher) au point de quasiment l'oublier en cours de route. Probablement le film le plus représentatif de son cinéma : une sorte de film somme.