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Tarantino : Un cinéma, un style unique ?
Sommaire :
- Introduction.
- Un cinéma, un style unique ?
- Conclusion.
II – un cinéma, un style unique ?
Comme je le disais les films de QT ne sont pas novateurs et certains vont
même jusqu'à dire que tout ce qu'il fait n'est que de la copie, mais en un
sens c'est vrai. Mais en même temps on prend un tel pied à voir un de ses
film que cela nous est bien égal (à nous les fans de QT). Il faut donc se
demander quels sont les éléments qui font de ses films des monuments si
attractifs.
1 – L'ambiance
On voit bien que ce qui plait déjà dans les films de QT c'est
l'ambiance. Et oui au moins on ne peut pas lui reprocher de faire des films
vides et ternes.
Cette ambiance s'inspire bien évidemment de ce que l'on trouve dans le
cinéma de genre où elle tire ses sources. Cela va de la nouvelle vague
jusqu'au western spaghetti.
Ces films on un point commun (parmis des centaines d'autres) c'est qu'ils
dressent le portrait de gangsters (j'entends déjà des gens dire : "Ah oui c'est
original" mais malheureusement pour ces mauvaises langues il le fait bien
donc que demander de plus).
Oui donc je disais que QT dresse un portrait humain de ces gangsters. Il ne
sont pas juste des machines à tuer ou à dealer. Nan, nan au contraire ils
discutent, ont une vie personnelle et ne sont pas toujours en train de parler
boulot. En gros il sont comme nous ils parlent aussi de la vie et du beau
temps. N'est-il pas génial d'entendre un gangster parler de Big Mac ? Et cela
pas juste pour parler Big Mac mais pour rendre les personnages plus vrais.
Chaque personnage a donc une personnalité qui lui est propre que l'on
apprend à connaître au fur et à mesure des dialogues. Il est marrant
d'ailleurs de voir à quel point le public s'identifie aux personnages grâces
à ces dialogues banals, au point d'en oublier que TOUS les personnages de
ses films sont mauvais. Je ne dit pas que se sont des tueurs mais ils
peuvent être aussi voleurs, violeurs, dealers ou tout simplement menteurs.
Mais cela QT arrive à nous le faire oublier.

Un Big Mac, c'est Big Mac, sauf qu'ils disent LE Big Mac !
QT est fan de film de genre, et ça on le sait mais c'est pour cela que ses
films ont une ambiance unique. Ainsi dans ses films il y a un code propre au
style tarantinesque. Les exemples les plus flagrants sont bien sur les
dialogues tout droit sortis de la nouvelle vague mais d'autres subtilités
tels que les vêtements identiques dans 'Reservoir Dogs' et 'Pulp Fiction'
composés d'un costume noire, d'une chemise blanche et d'une cravate noire
contribuent fortement à cela.
Les personnages évoluent dans un univers cohérent représentatif d'une époque
qui évoque une certaine nostalgie (Les 60's pour 'Pulp Fiction', la
blaxploitation pour 'Jackie Brown'). Cela se réfère une fois de plus au
contexte qui a bercé l'enfance de ce cher Quentin. D'ailleurs les lieux eux
même ont une ambiance, une texture qui leur est propre grâce aux moult détails
qui font des lieux des endroits kitch au possible mais c'est ce qu'on aime
(regardez un peu le bureau de Larry dans 'Kill Bill : Volume 2' avec le fusil,
etc... Il vous semblera que chaque lieu a une histoire).
Les décors sont tellement représentatifs de l'ambiance mise en scène par QT
qu'avec ses 3 films : 'Reservoir Dogs', 'Pulp Fiction' et 'Jackie Brown' on a
l'impression de vraiment bien connaître Los Angeles. Ces endroits nous
paraissent désormais familiers.
Là où le bas blesse c'est avec les prises de vues toutes aussi célèbres que
variées. Oui, d'accord elle ont été à 90% pompées d'autres films, que ce
soit la nouvelle vague ou les westerns (Leone ou encore Peckinpah) ou encore
d'autres plans tels que ce que l'on peut en trouver dans les films de Brian
De Palma, mais bon cela donne à ces films un goût plus prononcé plein de
clins d'oeil et nous montre aussi l'entendu de sa technique (juste pour
énerver les détracteurs, je dirais que c'est à QT que l'on doit le plan du
coffre que je trouve tout bonnement excellent).

L'écran séparé chez Brian De Palma : 'Blow Out' (en haut) et
chez Quentin Tarantino : 'Kill Bill : Volume 1'.
Donc Tarantino apporte comme on a pu voir son cachet à ses oeuvre
estampillées "Tarantino's touch" qui se reflète grâce à l'ambiance, aux
décors, aux dialogues... D'ailleurs les dialogues dont nous parlions plus
tôt, ils sont tout bonnement sublimes : ils sont soignés, dignes d'intérêt,
nous en apprennent plus sur les personnages et sont terriblement cultes
(c'est bien simple pour moi chaque phrase de 'Pulp Fiction' est culte). Ces
dialogues certes parlent de tout et de rien, de pourboire comme de Big Mac
et certes ils sont pour la plupart crus et vulgaires mais ils sonnent
terriblement justes et sont servis par de si bon acteurs que cela les rends
ennivrants. Cela fait donc des dialogues l'un des piliers fondamental de
l'oeuvre de QT.
2 – La bande-son
Un autre point d'orgue des films de QT c'est je vous le donne en mille : la
bande-son.
On ne va pas s'éterniser là-dessus, elle est parfaite (oui dirons encore les
détracteurs, les musiques existent déjà, QT ne fait que reprendre ce qui
existe au lieu d'engager un compositeur), mais elles servent à amplifier la
notion d'ambiance des films de QT et puis on peut dire que Quentin à
l'oreille, donc les chansons qu'il choisit (même si elle n'ont pas été
composées pour le film) sont parfaitement placées et sonnent très juste.
Et puis il faut avouer qu'un film de genre, que ce soit la blaxploitation
avec 'Jackie Brown' et comme musique "Accross 110th street" ou encore 'Kill Bill : Volume 2' avec la musique d'Ennio Morricone ça a de la gueule. Sérieusement
l'image et le son unis chez QT ça fait un malheur. Qui n'a pas eu envie de
danser comme Michael Madsen sur "Stuck in the middle with you" (personne ?
bon tant pis pour moi). Mais les films de ce bon vieux Quentin ont quand
même le mérite de nous donner envie d'acheter l'OST (et oui "money is money"
les mecs).
3 – Un monde persistant.
Dernièrement le "truc qui tue" chez Tarantino (si vous me permettez
l'expression) c'est cette envie de créer un monde persistant (voir le dossier sur les recurrences). Je m'explique :
vous remarquerez qu'il aime réutiliser les mêmes marques (Red apple, Big
Kahuna Burger) ou encore qu'il réutilise les mêmes acteurs très souvent
(Samuel Jackson, Harvey Keitel... et la liste est longue), il réutilise
aussi les mêmes procédés (vue du coffre, dialogue face au miroir) ou encore
certains noms reviennent souvent (Marvin, Véga). Il y a donc une sorte
d'univers qu'il créé (oui je sait Tolkien a fait mieux mais je parle dans
une moindre mesure) au fur et à mesure de ses films. C'est d'ailleurs un peu
la même chose derrière la caméra puisqu'il fait appel toujours à la même
équipe : le producteur (Lawrence Bender), le monteur : "Sally Menke"... et le
distributeur : "Miramax". Sinon interviennent aussi souvent ses amis tels que
Robert Rodriguez ou encore Roger Avary (bien qu'aux dernières nouvelles ils
soient en froid tous les deux).

Tarantino et son ami et producteur : Lawrence Bender
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